Erreurs naturalistes : la fédé des Landes ironise

par LA REDACTION

Une bernache qui vient d’Australie, une alouette qui n’en est pas une, un grand tétras remplacé par un oiseau de mer… Dans deux courtes vidéos publiées sur Facebook (voir ci-dessous), Régis Hargues, ingénieur écologue et directeur de la Fédération des chasseurs des Landes, s’amuse à relever les erreurs d’identification commises par des associations et des médias. Une petite leçon de reconnaissance des oiseaux, sur un ton volontiers moqueur.

Les compétences naturalistes des fédérations de chasseurs sont régulièrement mises en doute, souligne-t-il. Mais ceux qui critiquent la chasse connaissent-ils toujours les espèces qu’ils entendent défendre ?

Dans une première vidéo, Régis Hargues relève cinq exemples. Science & Vie illustre un article sur la diminution des effectifs de bernaches cravants dans le bassin d’Arcachon avec la photographie d’une espèce australienne : la Canaroie semipalmée. La LPO Aquitaine évoque la migration des chardonnerets en montrant un tarin des aulnes (une erreur toutefois rapidement corrigée).

L’association One Voice est épinglée à deux reprises : pour dénoncer la chasse à l’Alouette des champs, elle affiche un cochevis huppé ; pour défendre la Tourterelle des bois, elle utilise une photographie de Tourterelle orientale qui ne vit pas en France. Quant à Savoir Animal, dont le nom prête ici à sourire, il confond la Tourterelle des bois avec la Tourterelle turque, une autre espèce très répandu en France.

Dans une seconde vidéo, Régis Hargues étoffe son tableau de chasse avec 20 Minutes et Le Nouvel Obs. Le premier illustre un sujet consacré au Lagopède alpin et au Grand Tétras avec des fous de Bassan, un oiseau marin… Le second accompagne un article sur le Grand Tétras d’une photographie de Tétras sombre, une espèce nord-américaine. D’un continent à l’autre, et de la montagne à la mer, les illustrations prennent quelques libertés avec la zoologie.

Ces confusions rappellent une faiblesse récurrente du traitement médiatique de la faune : la photographie semble parfois choisie pour sa ressemblance approximative avec l’animal évoqué, sans vérification suffisante. Or, lorsqu’un article porte précisément sur le devenir d’une espèce, savoir la reconnaître devrait être un préalable.

Les erreurs sont plus embarrassantes encore lorsqu’elles émanent d’associations qui interviennent dans le débat sur la chasse et la protection des oiseaux (à l’exception de la LPO dont les compétences naturalistes ne peuvent être remises en cause selon nous). Une mauvaise illustration ne suffit à forcément disqualifier leur arguments, mais la rigueur qu’elles réclament aux chasseurs doit aussi s’appliquer à leurs propres publications.

En retournant contre ses détracteurs l’exigence de compétence, Régis Hargues a donc trouvé un angle de riposte de bonne guerre. Ses prochaines cibles sont prévenues : mieux vaut vérifier les plumes avant de publier.

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