Loup : le gouvernement veut autoriser les lunettes de visée thermiques pour les tirs de défense

par LA REDACTION

Le gouvernement a ouvert deux consultations publiques, du 30 octobre au 20 novembre 2026, sur de nouvelles mesures destinées à faciliter les tirs de loups. Parmi les évolutions envisagées figure l’autorisation, sous certaines conditions, des lunettes de visée thermiques pour les chasseurs intervenant dans la protection des troupeaux. Une mesure attendue de longue date par une partie du monde agricole, mais contestée par les associations de protection de la nature.

Les deux projets d’arrêtés découlent de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles du 18 août 2026. Ils visent à simplifier les procédures de tirs de défense et à assouplir certaines règles encadrant la destruction des loups.

Les lunettes thermiques bientôt autorisées ?

C’est l’une des principales nouveautés : les préfets pourraient autoriser l’utilisation de lunettes de visée thermiques ou à intensification de lumière par les éleveurs et les personnes qu’ils mandatent pour défendre leurs troupeaux.

Jusqu’à présent, l’utilisation de ces dispositifs de visée était réservée à certaines catégories d’intervenants habilités, notamment les agents spécialisés et les lieutenants de louveterie.

Pour bénéficier de cette autorisation, les intéressés devront être titulaires du permis de chasser, avoir suivi une formation auprès de l’Office français de la biodiversité (OFB) ou d’un lieutenant de louveterie formé, et avoir participé préalablement à une opération encadrée par la louveterie.

L’autorisation préfectorale sera valable au maximum sept mois, dans un périmètre géographique déterminé.

L’intérêt de ces équipements est de permettre une meilleure détection et une visée plus précise dans l’obscurité, alors que les attaques de loups peuvent survenir de nuit. Leur utilisation constitue une demande ancienne de certains représentants du monde agricole et des acteurs participant aux tirs de défense.

Des procédures de tir simplifiées

Le premier projet d’arrêté prévoit également de généraliser les tirs de défense sur simple déclaration, avec délivrance d’un récépissé, sans autorisation préfectorale préalable systématique. Cette procédure concernerait notamment les élevages ovins, caprins, bovins, équins et asins.

Les tirs de prélèvement pourraient par ailleurs commencer dès le 1er juin, contre le 15 juin actuellement. Certaines possibilités d’intervention seraient également étendues dans des espaces protégés où la chasse est autorisée.

Le second projet d’arrêté concerne le plafond annuel de destruction des loups. Le taux ordinaire de 21 % de la population estimée serait maintenu, mais les prélèvements non réalisés pourraient être reportés sur l’année suivante, sous certaines conditions. Les modalités permettant d’autoriser jusqu’à deux points supplémentaires seraient également adaptées à la pression de prédation constatée localement.

Des mesures qui divisent

Ces assouplissements répondent aux demandes répétées des organisations agricoles qui souhaitent permettre aux éleveurs de réagir plus rapidement aux attaques. Ils rejoignent également certaines revendications du monde cynégétique concernant les moyens techniques mis à disposition des tireurs habilités.

À l’inverse, les associations de protection de la nature dénoncent une nouvelle réduction des garanties entourant la protection du loup.

La LPO, FERUS et l’ASPAS appellent à s’opposer aux projets. Elles estiment notamment que la multiplication des possibilités de destruction ne constitue pas une réponse durable aux difficultés rencontrées par les éleveurs et qu’il convient de privilégier les mesures de protection des troupeaux.

Une expansion géographique toujours en cours

Selon l’OFB, l’aire de présence régulière du loup atteignait environ 59 800 km² en 2024, auxquels s’ajoutaient 68 800 km² de présence occasionnelle. L’espèce continue ainsi de gagner de nouveaux territoires.

À l’issue de l’hiver 2024-2025, l’OFB estimait la population française à 1 082 loups, contre 1 013 l’année précédente et 1 104 deux ans auparavant.

Cette expansion territoriale s’accompagne de nouvelles situations de coexistence avec l’élevage. En 2025, 4 441 attaques attribuées au loup ont été recensées, pour 12 927 animaux victimes, principalement des ovins.

Les deux projets d’arrêtés sont soumis à consultation publique jusqu’au 20 novembre 2026.

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