Nous avons testé Merlin, l’application qui révolutionne l’écoute des oiseaux

par LA REDACTION

Merlin Bird ID est une application pour identifier le chant des oiseaux et qui a fait récemment une percée spectaculaire chez les amateurs de volatiles. Elle a été développée par le célèbre laboratoire Cornell Lab of Ornithology, fondé en 1915 au sein de l’Université Cornell dans l’Etat de New-York aux États-Unis. Cette institution possède la plus grande audiothèque animale du monde : la Macaulay Library, une archive géante réunissant plus de 64 millions de sons, photos et vidéos de la faune sauvage. Ce sont ces enregistrements qui ont servi à entraîner l’intelligence artificielle pour aboutir enfin à l’application que nous connaissons aujourd’hui.

Une simplicité d’utilisation déconcertante

Celle-ci est le dernier outil mis à disposition des passionnés d’oiseau par Le Cornell Lab qui avait déjà lancé, en 2002, la plate-forme mondiale eBird rassemblant les données de plus d’un million d’utilisateurs et qui est aujourd’hui la base de données scientifique collaborative sur la nature la plus vaste au monde. Merlin qui s’est d’abord appuyée sur l’analyse de photos et de critères visuels a déployée plus récemment sa fonctionnalité la plus impressionnante : la reconnaissance acoustique en temps réel. Merlin est en effet capable d’identifier instantanément des centaines de chants d’oiseaux.

Sa simplicité d’utilisation est déconcertante. Vous ouvrez l’application, appuyez sur le bouton « son » et l’application se met à « écouter » et à enregistrer les sons de la nature environnants. Très vite, en temps réel, il signale « oiseau détecté » et vous donne, à une vitesse folle, l’espèce à laquelle est censé appartenir l’oiseau en train de faire des vocalises. Peu importe les bruits parasites, peu importe que les oiseaux chantent tous en même temps, Merlin identifie, individuellement, chaque espèce.

Le test du terrain : au cœur d’un village du Cantal

Cette prouesse est si spectaculaire que nous avons voulu tester sa fiabilité. Au milieu d’un village du Cantal, nous avons donc appuyé sur l’icône « son » et avons laissé « tourner » Merlin. Dans le même temps, en rassemblant toutes nos compétences ornithologiques, nous avons mis nos oreilles en alerte. Première constatation : Merlin a trouvé tous les oiseaux qui chantaient alentours et dont nous connaissions déjà le chant ou les cris : le verdier d’Europe, l’hirondelle rustique, la corneille noire, le rouge-gorge familier, le rouge-queue noir, la fauvette à tête noire, le moineau domestique et la bergeronnette grise. Non seulement, il ne s’est pas trompé, mais il a toujours identifié l’oiseau avec une rapidité stupéfiante. À peine l’oiseau finit sa strophe que son nom et sa photo apparaissent sur l’écran et s’ajoute à ceux déjà identifiés.

L’épreuve de l’altitude : capter l’inaudible

Ensuite, nous sommes montés en altitude, dans des zones où la forêt se mêle aux pâtures. Postés sur un rocher, nous nous sommes arrêtés pour observer. La migration d’automne avait commencé et les buissons étaient pleins de petits passereaux. Nous commençons à observer à la jumelle sans oublier, en même temps, de lancer « Merlin ». Pendant de longues minutes, nous observons un rougequeue à front blanc et furtivement, nous voyons plusieurs gobe-mouches noirs. Pendant ce temps, nous repérons à leur cris et à leur chant une bonne dizaine espèces d’oiseaux que Merlin a déjà indiqué sur l’écran. Soudainement, il repère un oiseau que nous n’avions pas entendu et surtout dont nous ne connaissions pas le cri : le Rougequeue à front blanc… Si nous n’avions pas vu l’oiseau quelques minutes plus tôt, nous aurions pu croire que merlin hallucinait. Ce n’était pas cas. Derechef, quelques minutes plus tard, Merlin indique « oiseau détecté » et le nom et la photo du « Gobemouche noir » apparaissent. Nous ne connaissions pas davantage le cri de cet oiseau qu’il est si facile d’identifier à la vue, mais nous pouvions de nouveau affirmer que Merlin voyait juste.

L’ultime confirmation : la surprise du Merle à plastron

Enfin, Merlin indique, pour notre plus grand étonnement : « Merle à plastron ». Bigre, l’oiseau n’est pas commun, même si le milieu naturel est favorable à l’espèce. L’algorithme a-t-il halluciné ? N’ayant ni vu ni entendu l’oiseau, nous avons voulu en avoir le cœur net. En nous plongeant dans les données rapportées par les ornithologues sur le portail de science participative Faune-France, nous avons découvert qu’un observateur avait précisément repéré un Merle à plastron à cet endroit même, quelques jours plus tôt ! La probabilité pour que Merlin ait entendu juste était donc extrêmement forte.

Conclusion : Merlin est un outil redoutable et fiable pour identifier les oiseaux et si les chiens sont les compagnons des chasseurs depuis la nuit des temps, il se pourrait que Merlin devienne celui des ornithologues pour les temps à venir. Vous n’avez qu’une chose à faire : télécharger Merlin et apprendre, grâce à lui, à reconnaître le chant des oiseaux.

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